Lors de nombreuses rencontres entre le MoDem et les Valdoisien(ne)s, il est apparu que nombre d’entre vous partagent les mêmes préoccupations quant aux nuisances aériennes.

I – BILAN DE LA SITUATION ACTUELLE

Une préoccupation majeure des valdoisiens

55 % des valdoisiens jugent la lutte contre les nuisances aériennes comme l’action la plus importante pour l’amélioration de leur cadre de vie.

Cela se comprend aisément lorsqu’on se réfère à la croissance du trafic aérien en région parisienne. Celui-ci a en effet augmenté de 274 % en 20 ans (1986-2006).

Une préoccupation non prise en compte par les pouvoirs publics

Lors de l’enquête publique relative au Plan d’Exposition au Bruit (PEB) concernant l’Aéroport Roissy Charles de Gaulle, 17.660 avis de riverains ont été exprimés  : 17.659 étaient défavorables au PEB tel que proposé.
Par ailleurs, 79  % des communes ont émis un avis défavorable ainsi que 16 collectivités territoriales sur 18. Le Conseil général du Val d’Oise a également donné un avis dé favorable.

Malgré cette écrasante majorité d’avis défavorables, la commission d’enquête a contre toute attente rendu un avis favorable. La préoccupation des Valdoisien(ne)s ne semble pas avoir é té prise en compte par les pouvoirs publics.

Un développement de Roissy

La situation est d’autant plus préoccupante que Roissy ne cesse de se développer. Après l’ouverture de son nouveau satellite S3 capable d’accueillir le gros porteur A380, l’aéroport de Roissy ambitionne de dépasser Londres Heathrow et de devenir le premier aéroport européen. (Si Londres Heathrow est le premier aéroport européen en nombre de passagers, Roissy Charles de Gaulle est en tête en nombre de mouvements, avec 532.952 mouvements.)

En 2006, l’aéroport de Roissy a accueilli près de 57 millions de passagers. Son objectif est d’augmenter sa capacité d’accueil de 20 millions de passagers d’ici 2010 et donc, de dépasser Londres Heathrow, aujourd’hui saturé avec 67 millions de passagers en 2006.

Outre le S3, ADP rouvrira complètement en mars 2008 le terminal 2 E, en partie détruit en 2004. Six mois plus tard, c’est le terminal régional 2 G, dédié aux petits courriers, qui sera mis en service. Et fin 2008, le terminal 1 aura été entièrement refait. En 2012, le satellite S4, clone du S3, devrait être finalisé afin de répondre à l’ augmentation prévue du trafic.

Pour augmenter sa capacité d’accueil, ADP a lancé en 2005 un plan de 2,7 milliards d’euros sur cinq ans, dont 700 millions pour la construction du S3.


Nécessité d’agir

Devant cette perspective d’augmentation importante des nuisances aériennes, alors que la situation actuelle est déjà inacceptable, il est nécessaire d’agir rapidement afin d’endiguer ces atteintes au cadre de vie de nombreux Valdoisiens. Il en va de la préservation de la santé publique et de la qualité de vie de chacun.

Pollution atmosphérique et sonore

Outre la pollution atmosphérique engendrée par les aéronefs, il convient de noter les effets du bruit sur la santé. Depuis des années, des chercheurs travaillent sur le sujet. Il ressort de leurs études que le bruit a des conséquences :

  1. sur le sommeil : difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, diminution de la qualité du sommeil ;
  2. sur le système cardiovasculaire : augmentation de la fréquence cardiaque, de la tension artérielle ;
  3. sur les fonctions cognitives : difficultés d’attention, de concentration, risque d’erreurs.

Ces études ont conduit les autorités de santé nationale (Conseil Supérieur d’ Hygiène Publique de France – CSHPF) et internationale (OMS) à alerter l’opinion sur les risques liés au bruit des avions et à recommander des études épidémiologiques sur le sujet.

Malgré ce constat inquiétant, rares sont les mouvements politiques capables de proposer des mesures concrètes. Le Mouvement Démocrate s’engage en faveur de la préservation de la santé publique et de la qualité de vie des Valdoisiens et formule les propositions suivantes.

 

II- LES PROPOSITIONS DU MODEM


Réduction du nombre de mouvements

Il convient tout d’abord de réduire le nombre de mouvements annuels sur Roissy. Corinne LEPAGE avait proposé au ministre des transports de limiter à 500.000, dans un premier temps, le nombre de mouvements annuels. Cette issue pourrait solutionner une partie du problème. D’autres solutions doivent être recherchées en particulier l’augmentation de l’emport moyen des aéronefs, c’est-à-dire le nombre moyen de passagers transportés ou encore le développement des modes de transports alternatifs.

Relèvement des altitudes de survol et modifications des procédures d’atterrissage et de décollage

Il y a lieu également de relever les altitudes de survol des zones urbanisées et de revoir les procédures d’approche et de décollage actuelles qui ne tiennent pas suffisamment compte des nuisances engendrées.

Ces mesures permettraient des diminutions des nuisances sonores assez significatives.

Aggravation des sanctions

Une mesure n’a d’effectivité que si elle est accompagnée de sanctions adéquates. En l’espèce, il convient d’instituer des sanctions significatives destinées à dissuader les compagnies aériennes ne respectant pas les différentes réglementations en vigueur.

Amélioration de la formation

Il y a lieu d’améliorer la formation des pilotes et des contrôleurs aériens sur tous les aspects environnementaux, et notamment sur la limitation des nuisances sonores. Les formations actuellement dispensées dans le domaine sont plutôt anecdotiques.

Contrôle de la pollution atmosphérique

Eu égard à l’importance des rejets des aéronefs, il conviendrait de disposer de données précises sur la pollution atmosphérique engendrée par l’activité de l’aéroport de Roissy.

La création d’une instance indépendante chargée de mesurer cette pollution atmosphérique apparaît comme souhaitable. Il n’y a pas de raison que la pollution engendrée par les aéronefs ne soit pas aussi contrôlée que celle engendrée par les véhicules terrestres (voitures, motos).

Isolation phonique des habitations

Afin d’améliorer le confort des populations survolées, il apparaît important de faciliter l’octroi de moyens financiers aux riverains en vue de faire isoler leurs habitations. Sur ce point, le système d’aide doit évidemment être géré par une autre structure qu’ADP.

Ces mesures seront défendues par le Mouvement Démocrate de la 6ème circonscription du Val d’Oise dans le programme des campagnes électorales à venir.

Nous invitons chacun d’entre vous à nous faire part de vos suggestions en postant un message dans le Forum ou en remplissant le formulaire contact










François Guegan - Référant MoDem du Pôle Environnement